Jordan Bardella développe un style de communication hyper-verrouillé, s’appuyant sur des éléments de langage très précis, répétés en boucle. Et une expression “robotique”. Objectif de l’opération ? Saturer l’espace médiatique et imposer ses propres cadres de pensée.
Je vous offre une petite classification de ses phrases fétiches et tics de langage, répartis en cinq grandes thématiques. Vous saurez ainsi les reconnaitre.
1. L’esquive des questions et le recadrage des journalistes
Lorsque le potentiel candidat du Rassemblement National veut rejeter la formulation d’une question ou se positionner au-dessus du débat, il utilise des formules de transition très standardisées :
« Permettez-moi de vous dire que votre présentation est biaisée. »
« Je ne vous autorise pas à dire cela. »
« Ce n’est pas le sujet, la réalité des Français est tout autre. »
« Vous faites un faux procès. »
« Regardons les faits, pas les fantasmes que vous essayez d’agiter. »
« Je refuse de prêter le flanc à vos caricatures. »
« Vous êtes dans le commentaire, je suis dans le réel. »
2. L’appel au “bon sens” – un incontournable ! – et à la “France réelle”
Pour délégitimer ses adversaires (souvent dépeints comme des élites déconnectées), il se pose en porte-parole d’une majorité silencieuse avec une liste d’ expressions ayant ce coté pratique d’être interchangeables :
« C’est une mesure de bon sens. »
« Nos compatriotes n’en peuvent plus. »
« Il faut écouter la France qui travaille, celle qui se lève tôt. »
« Les Français demandent du respect et de l’ordre. »
« Il y a la France d’en haut qui décide, et la France d’en bas qui subit. »
« C’est le cri de détresse d’un peuple qui ne veut pas mourir. »
« Nous portons la voix de la France périphérique. »
3. La rhétorique du déclin et de l’urgence
Pour justifier son programme, il installe systématiquement un climat de crise absolue ou d’effondrement imminent, en utilisant des mots-chocs :
« Nous assistons à un ensauvagement de la société. »
« La France est en train de basculer dans le chaos. »
« Il y a une perte totale de contrôle de nos frontières. »
« Nous sommes face à un défi de civilisation. » / La “civilisation judéo-chrétienne” évidemment opposée à la “barbarie musulmane”
« Le gouvernement est dans une dérive de faillite budgétaire et morale. »
« Nos services publics sont en état de mort cérébrale. »
4. Les formules d’autorité et la posture de “Premier ministrable”
Pour asseoir sa crédibilité et feindre la sérénité technique, il abuse de tournures impersonnelles et de verbes d’action au futur ou au présent de vérité générale :
« Ma boussole, c’est l’intérêt national. »
« Je serai le garant de l’ordre républicain. »
« Il faut remettre de l’ordre partout, et pour tous. »
« Nous agirons avec méthode et responsabilité. »
« L’État doit cesser d’être faible avec les forts et fort avec les faibles. »
« Nous mettrons fin au laxisme migratoire et judiciaire. »
« C’est une question de volonté politique. »
5. Les tics de langage et connecteurs logiques à répétition
Sur le plan purement syntaxique, ses phrases commencent presque toujours par les mêmes tics verbaux qui lui donnent un ton doctoral et mécanique :
« Ce que je veux dire par là, c’est très simple… »
« La vérité, c’est que… »
« Soyons très précis : »
« Je le dis avec une grande gravité… »
« Il faut regarder les choses en face. »
La force de cette communication réside dans le fait qu’il ne sort quasiment jamais de ces rails. Peu importe la relance du journaliste, il utilise ces phrases comme des passerelles pour revenir à son texte mémorisé.
Bref. Un robot en lieu et place d’un candidat.