Le texte ci-dessous est la deuxième version d’une première liste de propositions, amendée par la communauté DLV. Un grand merci à celles et ceux qui ont contribué de façon tant constructive qu’inspirante à ce débat !
Levier 1 : éduquer tôt, former longtemps
1 – Programme de citoyenneté numérique dès le CM1
Proposition : un tronc commun “citoyenneté numérique” (reconnnaître des sources fiables, respecter autrui et sa vie privée, sensibilisation au droit à l’image, au risque de harcèlement).
Mise en œuvre : via les ressources de l’Éducation nationale, des enseignants outillés, des séquences clés en main.
À co-construire : quels modules prioritaires à 9–10 ans, et avec quels supports concrets ?
Proposition de Vafi, sur Bluesky : utiliser comme support un manga vertical origami pour encourager l’éloignement des écrans et promouvoir la lecture chez les enfants de 6 à 8 ans en leur offrant du papier au format origami prédécoupé prêt-à-plier les invitant créer des mangas à leur tour.
Les points du dispositif forts selon lui:
Format novateur : le format d’origami plié en accordéon unique pour fixer l’attention des enfants.
Taille pratique : la taille ticket de caisse pliable de 6cm X 6cm X 59 4cm (Format A2/8) pratique pour les petites mains, facile à transporter et propice à la mode collector.
Façon P. Soulages pour véhiculer une dimension artistique singulière : usage de peu de couleurs formes simples, jeux de lumière et des textures, illustrations accessibles. Style susceptible de mettre en valeur les messages de persévérance et de succès des récits. Donc message aux parents aussi.
Support alternatif : mettre en récit des histoires que ne parviennent plus à illueer camets et agendas classiques, autre façon d’engager les jeunes lecteurs, avec une interactivité parents-amis.
Minimaliste : un récit minimaliste peut aider à maintenir l’attention des jeunes enfants et facilter Ia compréhension.
Illustrations attrayantes: lllustrations attrayantes pour capter l’attention des enfants
Interactivitė: peut-être des éléments interactifs, comme une invitation à reproduire de facon engagée des histoires ?
Diversité des récits : inclure des histoires de succès variées, provenant de différents domaines (sport, science, art, musique, etc.), pour montrer aux enfants que le succès est au bout, quel que soit le domaine.
Collaboration avec les éducateurs : travailler avec des éducateurs ou des psychologues pour enfants peut aider à adapter le contenu de manière optimale pour le jeune public.
2 – Formation continue des enseignants
Proposition : former les profs aux usages, aux risques, et à l’accompagnement, pour sortir du rôle de “gendarme”.
Mise en œuvre : parcours courts, pratiques, réguliers, et mutualisés.
À co-construire : quels contenus a minima, et quels formats réalistes ?
3 – Modules obligatoires sur la santé mentale et le numérique au collège
Proposition : comprendre l’addiction, l’estime de soi, la comparaison sociale, le harcèlement, les signaux d’alerte.
Mise en œuvre : intégrer le module au collège via des séances dédiées et des relais internes et externes (infirmièr-es scolaires, associations…).
À co-construire : comment éviter le “cours moralisateur” et faire du concret, utile et non culpabilisant ?
4 – Campagnes annuelles sur les algorithmes, les fake news, la manipulation
Proposition : une campagne nationale répétée, multimédia, qui explique les mécaniques d’attention et de viralité.
Mise en œuvre : partenariats (institutions, médias, éducation, créateurs responsables).
À co-construire : quels messages simples, qui évitent le ton paternaliste ?
Levier 2 : protéger sans bannir, responsabiliser les adultes
5 – Outils de contrôle parental intelligents et formation gratuite
Proposition : dashboards, alertes éducatives, réglages simples, plus une formation accessible aux parents.
Mise en œuvre : ateliers école/collège, ressources pratiques, accompagnement.
À co-construire : quels réglages “par défaut” sont réellement utiles sans devenir intrusifs ?
6 – Ateliers en classe de 6e pour une charte d’usage familiale
Proposition : une séance “charte d’usage” co-rédigée par les parents et l’enfant (règles d’usage, horaires…).
Mise en œuvre : partenariat entre des associations, le collège, le-la CPE, la vie scolaire.
À co-construire : que met-on dans une charte qui marche vraiment ?
7 – Limites de temps quotidiennes par défaut et éducation à l’auto-régulation
Proposition : limites de temps raisonnables par défaut (à ajuster), plus un module sur la différence vie réelle/vie en ligne.
Mise en œuvre : réglages standard et apprentissage progressif.
À co-construire : quel équilibre entre efficacité et liberté, et comment éviter l’hypocrisie des contournements ?
8 – Un “permis numérique” progressif avant d’autoriser certains usages
Proposition : un parcours court de prévention (harcèlement, vie privée, sources, image), conditionnant l’accès à certaines fonctionnalités.
Mise en œuvre : app simple, validation par quiz, renouvelable.
À co-construire : quelles fonctionnalités devraient être “débloquées” progressivement, et à quel âge ?
Levier 3 : créer des alternatives utiles et imposer des garde-fous aux plateformes
Proposition : un mode “apprenti” avec limites de publication, modération renforcée et contenus pro-sociaux.
Exemple : Zigazoo (à documenter et comparer).
À co-construire : comment éviter l’effet “ghetto”, et rendre la plateforme attractive sans course à l’attention ?
10 – Projets pédagogiques encadrés avec des réseaux “supervisés”
Proposition : utiliser des formats sociaux en classe (débat, recherche collaborative, production) avec un cadre pédagogique.
Mise en œuvre : espaces fermés, règles, objectifs, évaluation.
À co-construire : quels outils existants sont déjà adaptés, et quels garde-fous minimaux ?
11 – Mentorat par les pairs
Proposition : des lycéen-nes formé·es accompagnant des collégien·nes vers des usages positifs (création, débat, entraide).
Mise en œuvre : clubs, associations, établissements volontaires.
À co-construire : comment former les mentors et prévenir l’effet “petits chefs” ?
Proposition de fmcaron, sur Bulle : Un mentorat par les pairs, sur le format des ambassadeurs de la lutte contre le harcèlement, qui fonctionne bien (tout au moins dans mon académie), avec des ambassadeurs du numérique. Un proposition formulée au moment de l’enquête de I’ARCOM sur la conscience des risques adolescents et parents.
Pour aller plus loin : Guide “Grandir dans un monde connecté”, réalisé par l’UNESCO en s’appuyant sur le CLEMI et le réseau CANOPEE, et 37 experts internationaux.
12 – Badges et certification de compétences numériques responsables
Proposition : une certification simple, avec badges, qui valorise les bons usages et débloque des fonctionnalités.
Mise en œuvre : scolaire ou associatif, compatible avec des outils existants.
À co-construire : comment éviter que cela ne devienne du “vernis” ou une gamification creuse ?
13 – Forums et wikis collaboratifs comme alternatives
Proposition : favoriser des espaces de contribution modérés (wikis, forums scolaires) plutôt que des feeds.
Mise en œuvre : outils type Moodle et équivalents, inter-classes, inter-établissements.
À co-construire : quelles règles simples rendent ces espaces vivants et non désertés ?
14 – Mode “jeune” par défaut imposé aux plateformes
Proposition : pour les moins de 15 ans, mode par défaut avec un design moins addictif, des paramètres protecteurs, une vérification de l’âge renforcée.
Mise en œuvre : cadre réglementaire + contrôle (CNIL/ARCOM ou équivalent), sanctions claires.
À co-construire : où placer la ligne entre protection et surveillance, et comment éviter l’inefficacité ?
15 – Simulations interactives sur les risques
Proposition : des modules interactifs qui font vivre les situations (harcèlement, rumeurs, pression sociale) et entraînent les réflexes à adopter.
Mise en œuvre : partenariats EdTech, associations, établissements.
À co-construire : quels scénarios sont les plus utiles, et comment mesurer l’impact ?
Proposition d‘Agnès, sur Bulle : Les simulations peuvent être utiles seulement à condition d’éviter l’effet “poudre de perlimpimpin” et de penser leur usage réel en milieu scolaire.
Plutôt qu’un catalogue, je recommande 4 -5 situations fréquentes comme, par exemple : cyberharcèlement, rumeur et humiliation publique, droit à l’image et pression sociale, désinformation simple. Les travaux sur les jeux contre les fake news montrent qu’un format court et ciblé peut améliorer la détection des manipulations et réduire le partage de contenus trompeurs : https://journalofcognition.org/articles/10.5334/joc.91/
Des modules de 10 à 15 minutes, suivis d’un débrief encadré, sont plus efficaces qu’une immersion longue selon moi. Sans débrief, on retient ce qui a été dit sans forcément acquérir les bons réflexes. La recherche sur les serious games en cyberharcèlement montre des effets positifs surtout lorsqu’ils sont intégrés à un dispositif éducatif plus large : https://www.sciencedirect.com/science/article/abs/pii/S074756321730585X