Algorithmes transparents, lutte contre le harcèlement et la désinformation, maîtrise de son fil d’actualité : avec Qwice, Bruno Leralu veut proposer une alternative française aux grandes plateformes sociales, conçue pour favoriser la qualité des contenus et des échanges. Lancé en bêta ouverte fin 2024, le réseau revendique aujourd’hui quelque 13 000 utilisateurs, acquis sans campagne marketing. Son fondateur nous explique son fonctionnement, ses ambitions et les obstacles qui restent à franchir pour changer d’échelle.
Derrière le vacarme : Pour commencer, pouvez-vous nous présenter Qwice et nous raconter comment est né le projet ?
Bruno Leralu : Qwice est une initiative citoyenne. Nous voulions faire quelque chose de différent des grandes plateformes, à la fois en protégeant les utilisateurs et leurs données, en les respectant, et en essayant d’avoir un impact sociétal positif. Nous avons commencé à travailler sur le projet il y a plus de cinq ans. Avant de développer quoi que ce soit, nous avons beaucoup analysé les dysfonctionnements des plateformes existantes et leurs algorithmes, en essayant, pour chaque problème identifié, d’apporter une réponse ou une innovation. Nous avons ensuite connu une longue phase d’alpha, durant laquelle il fallait encore développer et stabiliser la plateforme. Qwice est en bêta ouverte depuis fin 2024 et compte aujourd’hui environ 13 000 utilisateurs, arrivés uniquement par le bouche-à-oreille puisque nous n’avons encore mené aucune campagne marketing.
DLV : Vous présentez Qwice comme une alternative aux grands réseaux sociaux. Quels usages cherchez-vous à couvrir ?
B.L. : Nous pouvons remplacer Facebook ou X pour une grande partie de leurs usages, ainsi que LinkedIn, à l’exception de la partie vraiment consacrée au CV et à la recherche d’emploi. Nous avons aussi développé des outils que les autres plateformes ne proposent pas. Notre logique est assez différente. Les algorithmes des grands réseaux sociaux reposent beaucoup sur la captation de l’attention : ils donnent de la visibilité à ce qui provoque des réactions, quelles qu’en soient les conséquences en matière de désinformation, de violence ou de harcèlement. Chez nous, l’objectif est de privilégier la qualité des contenus et des échanges.
DLV : Concrètement, comment déterminez-vous qu’un contenu mérite davantage de visibilité ?
B.L. : Nous avons séparé deux choses qui sont généralement confondues : le fait d’aimer un contenu et le fait de l’évaluer. Sur Qwice, vous pouvez mettre un « like », mais aussi porter des appréciations plus objectives sur une publication : est-elle sourcée, par exemple ? Les évaluations peuvent être positives ou négatives et ce sont elles qui interviennent dans la visibilité du contenu. On peut parfaitement aimer quelque chose tout en sachant que c’est faux. J’utilise souvent l’exemple du Père Noël : on peut aimer le Père Noël, cela ne signifie pas qu’on considère qu’il existe ! Une publication peut donc recevoir beaucoup de likes sans obtenir beaucoup d’évaluations positives, ou l’inverse. Pour nous, ce sont deux informations différentes.
DLV : L’utilisateur garde également davantage de contrôle sur son fil d’actualité ?
B.L. : Oui. Sur Qwice, c’est vous qui choisissez les thèmes qui vous intéressent. Il peut s’agir de politique, de société, de sport, de littérature, de cuisine… Vous pouvez en ajouter ou en retirer quand vous le souhaitez.
Il faut bien distinguer les thèmes des opinions. Si vous choisissez la politique, vous pourrez voir des contenus de droite, de gauche ou du centre. Nous ne construisons pas votre fil à partir de l’opinion que l’algorithme suppose être la vôtre. À cela s’ajoutent les publications des personnes que vous avez décidé de suivre. Si vous suivez quelqu’un, vous verrez ses publications. Vous pouvez également modifier vos thèmes au cours de la journée : regarder l’actualité le matin, puis passer à la littérature l’après-midi, par exemple. L’idée est que l’utilisateur façonne lui-même ce qu’il souhaite voir plutôt que de laisser un algorithme opaque décider à sa place.
DLV : Vous dites également avoir trouvé un moyen de lutter contre le harcèlement sans reposer uniquement sur le blocage. Comment fonctionne votre système ?
B.L. : Nous avons évidemment une modération classique, comme les autres réseaux sociaux, mais nous y avons ajouté ce que nous appelons les « niveaux de confiance ». Quand vous arrivez sur Qwice, vous êtes au niveau « freestyle ». Si vous utilisez normalement la plateforme, que vous échangez sans agressivité et sans recevoir d’évaluations négatives sur votre comportement, vous passez ensuite au niveau « équilibre », puis « sérénité ». Cela ne porte pas sur vos opinions. Vous pouvez être totalement en désaccord avec quelqu’un : c’est même l’essence de la démocratie. Ce qui compte, c’est la manière dont vous vous comportez avec les autres.
DLV : Et en quoi ces niveaux protègent-ils quelqu’un qui devient la cible d’un raid ou d’une campagne de harcèlement ?
B.L. : Imaginons que je discute politique et que j’aie envie d’une conversation assez vive. Je peux moi-même redescendre mon niveau de confiance pour discuter à bâtons rompus avec davantage de monde. Si, tout à coup, cinquante personnes arrivent pour me harceler, je peux au contraire relever en un clic le niveau de confiance nécessaire pour participer à la conversation. Je continue alors à échanger avec les utilisateurs ayant atteint ce niveau, tandis que les comptes utilisés pour le raid n’y ont plus accès. Cela évite d’avoir à bloquer cinquante personnes une par une. Nous avons également prévu les faux signalements et les raids d’évaluation. Lorsqu’un signalement est examiné par la modération et qu’il apparaît qu’il a été effectué de mauvaise foi, nous pouvons sanctionner son auteur plutôt que la personne ou la publication visée. En cas de harcèlement violent ou de menaces, les comptes peuvent être bannis ; pour des comportements moins graves, il peut y avoir une rétrogradation du niveau de confiance.
DLV : Ce système ne risque-t-il pas de créer une communauté composée uniquement de personnes qui pensent déjà de la même manière ?
B.L. : Non, et c’est justement quelque chose auquel nous tenons beaucoup. Nous avons des utilisateurs très à gauche, d’autres très à droite, des personnes très écologistes et d’autres qui ne le sont pas du tout. Dès le départ, nous expliquons que Qwice est une agora et que les opinions différentes y ont leur place. Le but n’est pas que tout le monde soit d’accord. Nous voulons que des personnes qui ne sont pas d’accord puissent se parler sans s’insulter. Nous avons même reçu des témoignages d’anciens utilisateurs de Twitter qui nous expliquent qu’en arrivant sur Qwice, ils ont découvert qu’ils pouvaient discuter avec des personnes qu’ils considéraient auparavant comme appartenant au « camp d’en face », comprendre leur parcours et parfois trouver des points d’accord. Pour nous, c’est extrêmement précieux : c’est cela, faire société.
DLV : Vous avez aussi travaillé sur la durée de vie des publications. Pourquoi ?
B.L. : Pour deux raisons. La première est écologique. Sur les réseaux sociaux traditionnels, des publications restent stockées pendant quinze ou vingt ans alors qu’elles n’ont parfois plus aucun intérêt. Sur Qwice, lorsque vous créez une publication, sa durée de vie est limitée par défaut. Vous pouvez décider de la rendre permanente ou, au contraire, choisir une durée beaucoup plus courte. Cela réduit le stockage nécessaire et donc l’impact environnemental.
La seconde raison est la protection des utilisateurs. Prenez quelqu’un qui sort de son école, fait une soirée avec une perruque rose et publie quelques photos pour rire avec ses amis. Il n’a pas forcément envie qu’un recruteur retrouve ces images plusieurs années plus tard. Il peut donc décider qu’elles disparaîtront au bout d’une semaine ou d’un mois. Nous voulons redonner aux utilisateurs la maîtrise de la durée pendant laquelle leurs contenus restent accessibles.
DLV : La désinformation occupe également une place importante dans le projet. Qu’avez-vous mis en place ?
B.L. : Une grande partie de la désinformation passe aujourd’hui par les images et les vidéos, avec notamment les contenus générés ou modifiés par intelligence artificielle. Nous avons donc intégré un outil permettant d’analyser directement une image ou une vidéo depuis Qwice. Nous travaillons pour cela avec des partenaires français spécialisés dans l’analyse des contenus générés par IA. L’utilisateur peut lancer l’analyse en un clic et obtenir un score ainsi que des informations plus détaillées. Lorsque seule une partie de l’image a été modifiée, l’outil peut également la mettre en évidence. L’intérêt, sur un réseau social, est que le résultat de l’analyse peut ensuite apparaître sur les différents partages de cette même image. Une fausse information peut continuer à circuler, mais les utilisateurs disposent immédiatement d’un élément leur permettant d’en apprécier la fiabilité.
DLV : Vous cherchez donc à intervenir avant que le fact-checking traditionnel n’arrive, parfois plusieurs heures après la diffusion d’une fausse information ?
B.L. : Oui. Le problème des réseaux sociaux classiques est notamment la vitesse de propagation. Quand le fact-checking arrive, la fausse information a parfois déjà énormément circulé. Chez nous, les évaluations jouent aussi un rôle. Si une source est jugée mauvaise, les évaluations négatives réduisent la visibilité du contenu et donc sa propagation. L’idée est de mettre directement entre les mains des citoyens des outils qui permettent de réagir.
Nous avons également un partenariat avec la Journalism Trust Initiative de Reporters sans frontières. Lorsqu’un lien vers un média est partagé, cela permet notamment d’identifier les médias ayant fait l’objet de leur démarche de labellisation. Évidemment, un label ne garantit pas que chaque information publiée soit vraie. Il apporte une indication sur la démarche du média et permet déjà d’écarter une partie des sources manifestement problématiques.
DLV : Une partie des alternatives aux grandes plateformes mise plutôt sur la décentralisation. Pourquoi avoir choisi un réseau centralisé ?
B.L. : La décentralisation peut avoir un intérêt pour certains usages, par exemple entre professionnels ou scientifiques qui veulent créer un espace d’échange entre eux. Pour un réseau social généraliste, je suis beaucoup plus réservé. Sur une plateforme décentralisée, la modération et l’orientation d’une instance dépendent de ceux qui la créent et la dirigent. Cela peut favoriser la constitution de bulles dans lesquelles les gens restent entre personnes partageant les mêmes idées. Pour moi, le sujet essentiel consiste plutôt à construire un système centralisé doté de mécanismes offrant des garanties démocratiques et de la transparence.
J’ai aussi des réserves sur l’open source appliqué à un réseau social. Les grandes entreprises peuvent récupérer les innovations développées par de petites structures, y ajouter leurs propres services et bénéficier ensuite de leur puissance commerciale. Pour de petits outils, l’open source peut parfaitement fonctionner ; pour une plateforme qui porte des enjeux aussi importants, je pense que la question est différente.
DLV : Cette volonté de construire une alternative française et, à terme, européenne, est aussi économique ?
B.L. : Bien sûr. La souveraineté numérique ne concerne pas uniquement les données. Il y a aussi les emplois, la recherche, la richesse créée et les impôts. Lorsque nous utilisons exclusivement des plateformes américaines, toute une partie de cette activité économique se développe aux États-Unis plutôt qu’en France ou en Europe. Je trouve donc dommage que des institutions ou des responsables qui défendent la souveraineté numérique continuent parallèlement à communiquer exclusivement sur les grandes plateformes américaines.
Je ne leur demande même pas de les quitter immédiatement. Ils peuvent commencer par dupliquer leurs publications sur les alternatives françaises. Cela ne leur fait perdre aucune audience sur les autres réseaux et cela contribue, en parallèle, à faire vivre d’autres espaces.
DLV : C’est aussi le problème classique des nouveaux réseaux sociaux : sans utilisateurs, il n’y a pas suffisamment de contenus, et sans contenus, les utilisateurs ne viennent pas…
B.L. : Exactement. C’est pour cela que nous essayons maintenant de convaincre des créateurs de contenu, des médias, des entreprises, des institutions et des responsables politiques de dupliquer ce qu’ils publient déjà ailleurs. Nous pouvons d’ailleurs automatiser une partie de ces opérations. Il ne s’agit pas forcément de demander aux gens de tout abandonner du jour au lendemain. Si des contenus commencent à être disponibles sur Qwice, une communauté peut progressivement se constituer et les utilisateurs auront réellement le choix.
Pour un média, par exemple, il suffit de créer son profil, de se présenter, d’ajouter les liens vers son site et de commencer à publier. Les contenus sont associés à des thèmes, ce qui permet aux personnes intéressées par ces sujets de les découvrir.
DLV : Vous commencez justement à démarcher des créateurs de contenu. Que leur proposez-vous ?
B.L. : Pour le moment, nous avons surtout de petits créateurs. Les plus importants ont évidemment intérêt à rester sur les plateformes où leur communauté existe déjà. Ce que nous leur proposons, c’est de commencer par dupliquer leurs contenus sur Qwice et d’informer leur communauté que cette possibilité existe. À terme, cela leur permet aussi de ne pas dépendre entièrement d’une plateforme qui peut modifier ses règles ou fermer leur compte et leur faire perdre leur audience. Nous avons également prévu un système de financement des créateurs, mais il n’est pas encore déployé parce qu’il faut d’abord atteindre une taille suffisante. Le principe serait que chaque utilisateur puisse désigner un ou plusieurs créateurs, médias ou autres producteurs de contenus qu’il souhaite soutenir. Une partie des revenus générés par son abonnement leur serait alors reversée. Les fonctionnalités ont été pensées, mais ce sera pour une deuxième étape.
DLV : Avec 13 000 utilisateurs acquis sans campagne marketing, vous arrivez justement à cette deuxième étape. Comment comptez-vous changer d’échelle ?
B.L. : Nous avons volontairement fait l’inverse de ce que font beaucoup de réseaux sociaux : nous voulions d’abord terminer le produit, puis communiquer massivement. La plateforme est aujourd’hui quasiment finalisée et devrait l’être d’ici la fin de l’année. Nous pourrons alors préparer une campagne marketing beaucoup plus importante. Pour un réseau social, il faut parvenir à créer un effet de masse : si quelqu’un arrive et ne trouve personne, il repart. Il faut donc être capable d’attirer suffisamment de personnes dans une période relativement courte. Pour cela, nous allons également chercher des financements et des partenaires. Nous aimerions pouvoir nous adosser à un grand groupe qui partage nos valeurs, tout en conservant la maîtrise du projet et son fonctionnement démocratique.
DLV : Vous envisagez également d’ouvrir une partie du capital aux utilisateurs ?
B.L. : C’est une possibilité que nous étudions. Nous avons envisagé qu’une part du capital, autour de 30 %, puisse être accessible à des particuliers. L’idée serait précisément de contribuer à garantir cette dimension démocratique et d’éviter que la plateforme finisse entièrement contrôlée par quelques investisseurs. Aujourd’hui, nous sommes encore une petite équipe et nous sommes tous bénévoles. Personne ne se rémunère sur Qwice et nous avons tous un emploi à côté. Cela limite évidemment les moyens dont nous disposons, même si cela nous évite aussi d’avoir immédiatement la pression de devoir tirer un revenu du projet.
DLV : Vous aviez déjà tenté de lever des fonds auparavant. Pourquoi avoir attendu avant de recommencer ?
B.L. : Nous avions essayé il y a environ trois ans et la réponse était assez claire : terminez la plateforme, créez un noyau d’utilisateurs et revenez ensuite. Les investisseurs peuvent financer une croissance, mais ils sont beaucoup plus réticents à financer entièrement le lancement d’un réseau social. Nous avons donc travaillé pour arriver à cette étape. Aujourd’hui, nous avons une plateforme qui fonctionne et un noyau d’utilisateurs qui s’est constitué sans marketing. Nous pouvons commencer à envisager la suite.
DLV : Vous avez également rencontré des responsables politiques et institutionnels. Quel accueil réservent-ils au projet ?
B.L. : Les personnes que nous rencontrons trouvent généralement le projet très intéressant. Nous avons présenté certaines de nos fonctionnalités à des responsables institutionnels, nous échangeons aussi avec des responsables politiques. Le problème arrive ensuite : entre trouver le projet intéressant et agir concrètement pour le soutenir, il y a encore un écart. C’est quelque chose qui m’agace parfois. Beaucoup de responsables défendent le « made in France », la souveraineté européenne ou la sortie de la dépendance aux grandes plateformes étrangères, tout en continuant à publier presque exclusivement sur celles-ci.
Encore une fois, nous ne leur demandons pas forcément de partir. Qu’ils commencent par dupliquer leurs contenus. Les journalistes pourront alors retrouver ces informations ailleurs, les citoyens aussi, et une autre habitude pourra progressivement se créer.
DLV : Les médias ont aussi une responsabilité dans cette dépendance, puisque X reste un lieu où journalistes et responsables politiques continuent de se retrouver. Comment sortir de cette boucle ?
B.L. : Il faut créer ailleurs une base de contenus suffisamment importante. Tant que les journalistes savent qu’ils trouveront les informations politiques sur X, ils continueront à y aller, et les responsables politiques continueront à y publier parce qu’ils savent que les journalistes y sont. C’est pour cela que j’insiste sur la duplication. Si les institutions, les entreprises, les médias, les politiques et les créateurs commencent à publier également sur des alternatives, on crée progressivement un endroit où l’information existe réellement. Nous avons conçu Qwice pour pouvoir devenir multilingue et créer des déclinaisons par pays. La structure est prête. Notre ambition peut donc être européenne, mais il faut maintenant que les acteurs qui disent vouloir cette souveraineté contribuent aussi à la construire.
DLV : À vous entendre, 2027 pourrait constituer un moment important pour porter ce sujet dans le débat public.
B.L. : Oui. Les élections peuvent être un bon moment pour interpeller les candidats : quels engagements prennent-ils pour réduire notre dépendance numérique et protéger les utilisateurs et la société ?
La souveraineté, à mes yeux, ne consiste évidemment pas à remplacer de très grandes entreprises étrangères par des acteurs français qui se comporteraient exactement de la même manière. Il faut tenir ensemble les trois dimensions : la souveraineté, la protection des personnes et l’impact sur la société. Nous avons aujourd’hui un outil qui fonctionne, une équipe toujours très motivée et des fonctionnalités que nous avons développées précisément pour répondre aux problèmes que nous observions sur les réseaux sociaux. Ce dont nous avons désormais besoin, c’est que les entreprises, les institutions, les responsables politiques, les médias et les créateurs de contenu s’en saisissent. En résumé : aidez-nous à vous aider.
Pour aller plus loin :
Découvrir Qwice : visiter le réseau social et consulter son blog
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