Le RN au pouvoir ou la fin des “Jours heureux” 

Le RN au pouvoir ou la fin des “Jours heureux”

Une France “RN” en 2027 acterait la fin des “Jours heureux”, l’oeuvre immense du Conseil National de la Résistance. Prenons garde !

Sécurité sociale, nationalisations, démocratie économique… : Le programme du Conseil National de la Résistance (CNR) de 1944, intitulé “Les Jours heureux”, a fondé le modèle social français. Fruit d’une alliance entre communistes, socialistes et gaullistes contre l’occupation nazie et les traitres de Vichy, ce texte antifasciste prônait une France solidaire et égalitaire. Une arrivée au pouvoir de Jordan Bardella et, plus largement, du Rassemblement National, serait incompatible avec cet héritage sur plusieurs sujets absolument fondamentaux, au premier rang desquels les racines nationalistes extrême du RN, héritier du FN, que Jean-Marie Le Pen a créé avec les Waffen-SS Pierre Bousquet et Léon Gaultier. 

Sans compter que les positions actuelles du RN sur l’immigration, la laïcité, ou encore les discriminations, se révèlent, ni plus ni moins, l’antithèse de l’antifascisme originel du CNR. Alors que ce dernier visait l’égalité républicaine, le RN veut instaurer une “préférence nationale” qui exclurait les étrangers de nombreuses aides et droits. En restreignant l’accès aux aides aux seuls nationaux (une proposition, qui plus est, fortement imprégnée de racisme islamophobe) le RN ne fera qu’accentuer encore davantage les inégalités. Tout cela est contraire à l’universalisme de la Résistance dont nous sommes les héritiers et les gardiens !

Outre cette incompatibilité idéologique intrinsèque, les mesures socio-économiques promises par le RN sont diamétralement opposées aux politiques menées par le Conseil National de la Résistance. 

En matière d’économie, le CNR imposait par exemple des nationalisations (énergie, banques) et un contrôle étatique pour éviter les “féodalités financières”. Des féodalités qui seront au contraire privilégiés par Jordan Bardella et ses ami-e-s. 

Un programme pro-marché et anti-pauvres

Le RN de Bardella propose des baisses massives d’impôts, des exonérations pour les entreprises, ainsi qu’un virage libéral et pro-patronat de manière systématique. Les précaires ne sont en aucun cas le coeur de cible réel du RN, qui est pour le conditionnement du RSA et l’allègement les cotisations patronales, au détriment des salariés ! Des analyses récentes montrent ainsi que son contre-budget de 2026 penche nettement à droite économiquement, rompant avec ses promesses sociales antérieures. Un logiciel socio-économique à l’opposée de la politique du CNR, qui défendait une “démocratie économique” avec participation des travailleurs. 

Privilégiant, dans son programme, bailleurs et employeurs, le RN, s’il accède au pouvoir, constituera une menace sans précédent pour la Sécurité sociale universelle et paritaire issue du CNR.  Il en va de même pour les retraites, dont le CNR a posé les bases d’un système solidaire : Le RN promet un retour partiel à 60 ans pour certain-es, mais avec un financement incertain et des mesures libérales incompatibles. Ce n’est même plus une usine à gaz. C’est un délire électoraliste !  Quant au “planisme” économique du CNR (planification au service de la nation), ce dernier était aux antipodes des orientations actuelles du Rassemblement National, protectionnistes…mais pro-marché.  

Au fond, le Rassemblement National propose rien de moins que la destruction méthodique des acquis du CNR : services publics, protection sociale, égalité républicaine. C’est absolument inconcevable.

L’œuvre du CNR incarne la solidarité et l’antifascisme. Une victoire de Jordan Bardella en 2027 marquerait une rupture profonde avec cet héritage fondateur de la France d’après seconde guerre mondiale, dont la France d’aujourd’hui et son peuple doivent rester les garants et les héritiers exigeants !

La vérité d’abord

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Cette rubrique accueille des chroniques, des lettres, des récits. Ici, la vérité est d’abord une exigence de bonne foi : dire d’où l’on parle, ne pas travestir, ne pas humilier.
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Auteur-ice

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