Présidentielle 2027 : pourquoi l’avance actuelle du RN n’est pas une fatalité

Présidentielle 2027 : pourquoi l’avance actuelle du RN n’est pas une fatalité

Les intentions de vote pour l’extrême droite culminent à distance de la présidentielle. Avant de refluer lors de la campagne : En 2002, Le Pen père à 16,9% au premier tour après des sondages élevés ; en 2017 et 2022, Marine Le Pen perdait des points en fin de course face à la mobilisation républicaine.

D’ici 2027, la clarification des candidatures (Bardella ou Le Pen ? Gauche unie ?) et l’émergence inévitable d’un adversaire crédible au centre ou à gauche concentrera les voix anti-RN. Les sondages actuels (34-36%) profitent, pour l’heure, de la dispersion des oppositions.

Les municipales de mars 2026 feront figure de test pour le Rassemblement National localement. Des échecs ou scores décevants dans des villes ciblées (comme en 2021 où le FN/RN a « flopé » aux régionales) pourraient révéler ses limites en capacités de gestion et freiner sa dynamique nationale. La campagne présidentielle mettra quant à elle en lumière les incohérences programmatiques du RN (économie, Europe, retraites, éducation, santé…). Exposé aux débats, Jordan Bardella révèlera ses faiblesses, comme observé historiquement avec les candidats FN face à des adversaires expérimentés.

Le « plafond de verre » persiste quoi qu’il en soit dit : au second tour, le front républicain mobilisera. J’en suis persuadé. Même si les sondages actuels donnent Bardella gagnant, l’histoire montre un sursaut (2022 : Le Pen à 41,5% malgré des sondages flatteurs au 1er tour). En outre, des progrès économiques ou budgétaires d’ici 2027 (budget 2026 stabilisé) pourraient atténuer le vote protestataire. Le RN profite aujourd’hui de la crise politique ; une normalisation réduirait son score. Des divisions internes au RN (Le Pen vs Bardella, gestion parlementaire chaotique) pourraient par ailleurs émerger lors de la désignation du candidat, affaiblissant l’image d’unité et faisant fuir des électeurs modérés récemment acquis. Sans parler de l’usure du discours : à force de répétitions sur l’immigration et la sécurité sans propositions concrètes testées au pouvoir local, le RN risque – a déjà dépassé – de créer de la lassitude. Historiquement, l’extrême droite française stagne quand elle n’accède pas au pouvoir (périodes post-2002 ou 2017).

De manière générale, la mobilisation civique et médiatique, accrue en période de campagne, des associations, intellectuels et partis unis « naturellement » contre le RN, rappelle aux citoyennes et citoyens les risques démocratiques, comme en 2002 ou 2022 où la peur d’une victoire a boosté la participation anti-extrême droite. Cette crainte existe toujours.

Enfin, les sondages à 15-18 mois sont peu prédictifs : ils captent un mécontentement conjoncturel. D’ici avril-mai 2027, des événements imprévus (contexte international, réformes) et la cristallisation des enjeux feront immanquablement baisser la courbe du RN. Un parti extrême…ment dangereux par son « projet ».

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