2025 aura été une année de bascule.
Elle s’est ouverte par un séisme politique : l’investiture de Donald Trump, accompagné de Elon Musk et JD Vance, à la tête des États-Unis. Un trio qui n’a pas seulement changé une administration, mais contribué à installer un nouvel ordre mondial.
Bien sûr, il est question de géopolitique.
Bien sûr, on nous a promis des paix rapides.
Bien sûr, le commerce international oscille désormais entre protectionnisme brutal et libéralisme cynique.
Mais le plus inquiétant, dans cette prise de pouvoir politique, technologique, économique et commerciale, ce ne sont pas ces pouvoirs en eux-mêmes.
Le plus inquiétant, c’est le virus du mensonge. La désinformation qui se propage à la vitesse des réseaux sociaux : sans frontière, sans douane, sans taxe, et surtout sans aucune vérification.
Aujourd’hui, nous ne sommes plus certains de ce que nous lisons. Les informations sont tronquées, maquillées, ou simplement omises. Nous vivons dans une réalité alternative permanente, où tout est susceptible d’être vrai ou faux.
Et nous avons franchi un cran supplémentaire, encore plus dangereux : ne plus se soucier de ce qui relève du bien ou du mal.
C’est l’abdication de la pensée. Et avec elle, celle de la morale.
Nous sommes entrés dans l’ère du « tout se vaut ». Un poison lent, théorisé chez nous par Emmanuel Macron et son fameux « en même temps », qui a désarticulé la pensée politique jusqu’à permettre sa Renaissance… à l’extrême droite.
L’hyper-centre est devenu hyper-droitier.
La droite dite gaulliste regarde davantage vers l’ex-Maréchal que vers le Général.
Les mots ne veulent plus rien dire.
L’histoire est piétinée.
Mais on continue. Comme si de rien n’était.
La suite est tristement logique.
Chacun s’occupe de son bout de terrain. Sa pelouse doit rester verte, même si d’autres n’ont plus d’eau potable au robinet. Sa piscine doit être remplie, même en période de sécheresse.
C’est le repli sur soi. Le plus symbolique est le rejet du pacte social issu du Conseil national de la Résistance, car nous n’en aurions plus les moyens aujourd’hui. Les impôts deviennent insupportables quand ils servent, soi-disant, à des « feignasses », alors même qu’il y a trois fois plus de demandeurs d’emploi que d’emplois disponibles.
Et comme toujours, on désigne des coupables.
Les immigrés.
Les musulmans.
Les juifs.
L’autre.
L’autre qui gagnerait plus.
L’autre qui aurait plus d’aides.
Plus de congés.
Une plus belle voiture.
Une plus belle pelouse.
L’autre que l’on jalouse, que l’on fantasme, et que l’on insulte.
Même quand il agit pour le bien commun.
« Sale conne. »
« Pétasse moraliste. »
« Islamo-gauchiste. »
Alors oui, en 2025, nous avons dû entrer en résistance.
Dans notre pays.
Dans nos familles.
Et, c’est peut-être le plus douloureux, dans nos propres partis.
Mais cette année nous a aussi révélé quelque chose d’essentiel : la force que nous avons. Ce dont nous sommes capables quand nous refusons de céder. Oui, nous sommes capables de déplacer des montagnes.
Alors pour 2026, je n’ai qu’un souhait : que nous livrions la plus grande des batailles contre l’obscurantisme.
Nous ne devons rien céder. Rien.
Non, on ne rend pas hommage à une personnalité condamnée pour xénophobie.
Non, aucune insulte, aucun coup porté contre une femme n’est acceptable.
Non, personne n’a à juger la sexualité d’autrui.
Jamais nous ne devons transiger avec ces principes.
Parce que nous n’avons pas seulement le droit de résister. Nous avons l’obligation de gagner.
Sinon, en 2027, la résistance démocrate ne sera plus une métaphore.